| A. Première partie : données sur le financement du Hamas et de l’infrastructure civile du mouvement (da'wah) | |||||||||||
| Table des matières : |
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Fonds de charité (zakat) pour activités terroristes |
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| La Zakat1 (aumône, charité) est l'un des cinq préceptes de base de l'Islam, connus comme les piliers de l'Islam (Arkan al-Islam). Dès son apparition, l'Islam a assigné à chaque Musulman l'obligation morale, économique et sociale de prendre soin du pauvre et de l'affamé et de faire preuve de compassion envers les veuves et les orphelins : ce faisant, il se purifie de ses propres péchés et peut prétendre à la vie éternelle au paradis, le jour du Jugement Dernier. La zakat a fini par se transformer en une sorte de taxe obligatoire payée par les Musulmans de par le monde (habituellement sous forme de versement volontaire et parfois par le prélèvement d'un petit pourcentage sur les revenus non essentiels de l'individu). 1. On désigne aussi l'aumône et la charité par le terme sadaqah (pluriel sadaqat), qui est quasiment un synonyme de zakat. Bien que zakat, comme nous l'avons précisé, se rapporte généralement à une contribution financière volontaire, elle est devenue avec le temps une contribution obligatoire (en général 5% des revenus) prélevée sur les ressources des Musulmans vivants dans les pays arabes musulmans, telle que l'Arabie Saoudite. Le mot sadaqah, quant à lui, se réfère à un don, soit en argent, soit en biens ayant une valeur financière, comme la nourriture, les vêtements, les fournitures scolaires, etc. |
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| Il existe dans le monde arabe et musulman, tout comme dans les pays occidentaux, de nombreuses organisations caritatives qui collectent des fonds pour les Musulmans et les redistribuent au public nécessiteux, conformément au principe de la zakat. Dans la plupart des cas, l'argent parvient à sa destination originale, en d'autres termes : sert à aider le vrai nécessiteux. Toutefois, durant les vingt-cinq dernières années, suite à la révolution islamique radicale en Iran et à l'éclatement de la guerre en Afghanistan (les deux en 1979), ainsi qu'à l'ascension globale de l'Islam militant (à la fois chiite et sunnite) conduisant à l'apparition d'organisations terroristes internationales dont les idéologies islamistes radicales sont dérivées, certains fonds de charité et organisations caritatives islamiques ont commencé à trouver des usages nouveaux aux fonds de la zakat. Le principal de ces nouveaux usages fut le transfert des contributions vers les organisations terroristes islamiques (y compris palestiniennes) et la diffusion de l'Islam radical de par le monde, servant tous deux de catalyseurs en vue de la perpétration d'actes terroristes2. 2. Dans certains cas, cela se fait avec la collaboration des régimes politiques qui soutiennent directement ou indirectement les organisations terroristes et les aident à diffuser les idées de l'islamisme radical, tels l'Iran et l'Arabie Saoudite. Dans d'autres cas, les "sociétés caritatives" réussissent à opérer dans les pays occidentaux qui doivent faire face au terrorisme international et en subissent les conséquences. Cette présence est rendue possible par le manque de contrôle véritable des fonds et des fondations, et par le fait que les pays en question se gardent - parfois sur la base de considérations internes (politiques et juridiques pour la plupart) - de fermer les fonds et les fondations qui soutiennent le terrorisme. |
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| L’Ayatollah Khomeini (leader de la Révolution Islamique de 1979 et de la République qui l'a suivie, mort en 1989) a prononcé un décret islamique religieux légitimant l'utilisation des fonds de la zakat pour le financement de l'insurrection palestinienne armée contre Israël. Un livre publié (en arabe) par le Ministère syrien de l'Information (en 2000) étudie le regard que portait Khomeini sur le problème palestinien à partir de ses discours et de ses décrets islamiques religieux (fatwas). Le livre, intitulé La Palestine dans les discours de l'Ayatollah Khomeini, reprend des citations de Khomeini qui présentent Israël comme une menace continuelle pour l'Islam et les pays islamiques. Pour cette raison, selon Khomeini, il est du devoir de tous les musulmans en général et des régimes politiques musulmans en particulier "de se débarrasser de ce microbe de dépravation [c'est-à-dire Israël] par tous les moyens possibles." A cette fin, "il ne suffit pas d'accroître le soutien pratique apporté [aux Palestiniens] [pour atteindre] ce but, mais [il est aussi possible] d'employer à cette fin des ressources tirées de la zakat et d'autres fonds de charité islamiques"3. 3. Adnan Hussein Abu Nasser, La Palestine dans les discours de l'Ayatollah Khomeini [arabe], Ministère Syrien de l'Information, 2000, p. 120. |
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| Le livre explique qu'il existe un décret islamique religieux (fatwa)4 dans lequel Khomeini exprime son soutien à l'insurrection palestinienne armée "pour sauver les Palestiniens des griffes du Sionisme". Les idées de Khomeini ont été par la suite appliquées au Liban par le Hezbollah, qui a mis sur pied un dispositif de soutien au terrorisme qui est généreusement financé par les "sociétés caritatives" iraniennes et par l'aide apportée aux organisations terroristes palestiniennes par le régime islamique radical de l'Iran.5 4. Ibid. 5. Pour plus d'informations sur l'Iran et le Hezbollah, merci de consulter les articles accessibles sur notre site Internet : www.intelligence.org.il |
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| La fatwa de Khomeini, qui représente un point de vue propre à l'islamisme chiite, a été adoptée par le régime sunno-musulman de l'Arabie Saoudite, qui a détourné des fonds caritatifs au service de la diffusion de la version wahhabite moderne de l'Islam sunnite, dont une partie a servi au financement des combattants musulmans de la Guerre Sainte (mujahidins). Les "sociétés caritatives" musulmanes ont également soutenu les Taliban, Al-Qaïda, le terrorisme tchétchène en Russie et les combattants musulmans des Balkans6. Elles ont aussi servi d'intermédiaires pour le transfert de fonds vers les organisations terroristes palestiniennes, notamment le Hamas7, parfois par le biais d’une collaboration entre les fonds et fondations saoudiennes et des organisations nommément affiliées au Hamas (par exemple entre l'Assemblée Mondiale de la Jeunesse Musulmane d'Arabie Saoudite (WAMY) et Interpal. Voir les annexes.) 6. Pour plus de détails, voir Le Royaume de la Haine : Comment l'Arabie Saoudite Soutient le Nouveau Terrorisme Global, par Dore Gold (Editions Regency, Washington DC, 2004, pp. 127-147). 7. Ibid. |
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8. Nous sommes redevables, pour la plupart des informations qui suivent, au lieutenant-colonel (retiré) Yoni D. Halevi, membre du Conseil Juif des Affaires Publiques (JCPA), dirigé par le Dr. Dore Gold. Un article plus complet sera bientôt publié par le lieutenant-colonel Halevi. |
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| La notion de jihad signifie, dans ce contexte, une bataille menée à la manière [c'est-à-dire pour l'amour] d'Allah par le fidèle musulman contre les infidèles. Les musulmans qui meurent par le jihad (la liste est aujourd’hui dominée par les terroristes suicidaires palestiniens) représentent le plus haut degré de piété et de dévotion selon les croyances de l'Islam et sont en conséquence récompensés comme il se doit au paradis. Cela étant, au sens littéral du terme, le jihad recouvre une réalité qui dépasse le simple cadre des combats militaires, si l'on se réfère aux décisions prises par les dignitaires religieux musulmans depuis la naissance de l'Islam jusqu'à aujourd'hui. | |||||||||||
| La signification du terme jihad a en effet été étendue aux acceptions suivantes : | |||||||||||
| Le jihad par le moyen du Qor'an (al jihad bil-Qur’an) ,c'est-à-dire par la discussion et le prêche (da'wah) de la religion islamique. | |||||||||||
| Le jihad de l'âme (al- jihad bil-nafs) , c'est-à-dire le combat moral intérieur mené par chaque Musulman pour se détacher du mal et se rapprocher du bien défini par Allah. Le jihad de l'âme comprend les bonnes actions musulmanes nécessaires à l'entretien de la foi, comme par exemple étudier, prêcher et être prêt à sacrifier sa vie pour l'amour d'Allah. | |||||||||||
Le jihad financier (al-jihad bil-mal), c'est-à-dire l'assistance portée aux musulmans dans le besoin et aux combattants du jihad. Cette notion a été abordée par le célèbre cheikh saoudien Salman bin Fahd al-'Oadah [al-Awdah] dans un essai intitulé Al-Irhab: Al-Mafhum wal-Mu’alajah, "La signification du terrorisme et comment l'affronter"9. "Le jihad financier", écrit-il, "consiste à dépenser de l'argent pour les combattants qui sont au service de différentes causes justes, y compris les combattants qui se battent à la manière [c'est-à-dire pour l'amour] d'Allah, comme cela est mentionné à plusieurs reprises dans le Qor'an". 9. Salman bin Fahd al-'Oadah est un cheikh saoudien né en 1956 dans la région de Buraydah en Arabie Saoudite (une région bien connue pour son opposition au régime saoudien). Il conduit des recherches, donne des conférences et prêche. Les forces de sécurité saoudiennes l'ont arrêté en 1994 pour ses opinions radicales, qu'il a d'abord exprimées en tant que membre de la Commission pour la Défense des Droits Légitimes (CDLR). La CDLR n'a eu qu'une durée de vie très courte en Arabie Saoudite, mais elle s'est reconstituée en Grande-Bretagne, où elle est devenue le principal groupe d'opposition saoudien créé après la première guerre du Golfe (en 1991). Parmi ses membres fondateurs, un autre cheikh saoudien, Safar al-Hawali, fut lui aussi arrêté en 1994 et relâché avec al-'Oadah en 1999. Notons au passage qu'un des membres fondateurs, fait peut-être moins connu, n'était autre qu'Oussama Ben Laden, qui a réussi à fuir l'Arabie Saoudite pour le Soudan en 1994, avant d'être privé de sa citoyenneté saoudienne. Depuis sa libération en 1999, al-'Oadah s'est consacré à des activités approuvées par le régime saoudien. Il justifie le jihad contre les infidèles des pays musulmans comme une partie du droit des musulmans à l'autodéfense (y compris contre les Américains en Irak), et considère le da'wah comme un vecteur essentiel de la diffusion de l'Islam dans le monde. L'article en question est présenté sur son site Internet www.islamtoday.net (en arabe, avec une version anglaise sur www.islamtoday.net./english/). D'un autre côté, il aurait réussi à empêcher son propre fils de rejoindre le jihad en Irak avec l'aide des autorités saoudiennes. (Pour plus de détails, voir Michael Scott Doran, "L'Effet Irak ?" (en anglais), The Wall Street Journal [publié par le Jerusalem Post], 8 décembre 2004). |
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| Parmi les différentes catégories de jihad, le jihad financier (c'est-à-dire un jihad à orientation économique) occupe une place centrale. Selon l'explication islamique religieuse officielle, son importance se justifie par un verset du Qor'an qui dit : "Combat [tes ennemis les infidèles], avec ce qui t'appartient et avec ton âme à la manière [c'est-à-dire pour l'amour] d'Allah"10. La référence à ce qui appartient au fidèle (c'est-à-dire au soutien financier apporté à la lutte active), en première place, dans la définition du jihad, montre, si l'on interroge les cheikhs musulmans, la priorité de cet élément du jihad aux yeux d'Allah.11 10. Surah 9 (Al-Tawbah), Verset 41. Dans la même Surah, voir aussi Versets 20, 44 et 81; dans la Surah 4 (Al-Nisaa'), Verset 95; Surah 8 (Al-Ansal) Verset 72. Le Verset 111 de la Surah 4 est aussi bien connu pour le soutien qu’il exprime à ce type de jihad en particulier et au jihad en général, y compris aux attentats suicides : "Allah a fait l’acquisition des âmes et des biens des fidèles". 11. pour plus d'informations concernant la doctrine islamique de la guerre et de la guerre sainte (jihad) dans le Qor'an, voir l'article sur le jihad dans l'Encyclopédie du Qor'an, idem. |
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| On peut trouver des exemples de l'importance du jihad financier dans le texte d’une conférence donnée par le célèbre cheikh radical Yussuf al-Qardawi aux Emirats arabes unis, où il dit que l'argent collecté pour les mujahidins [guerriers du jihad] ne doit pas être considéré comme une contribution ou comme un cadeau, mais comme un devoir au regard des sacrifices qu'ils accomplissent pour la nation musulmane12. Hussein Shihatah, un cheikh appartenant à l'université Al-Azhar du Caire, a promulgué une fatwa stipulant que les musulmans devaient s'engager dans un "jihad économique", ce qui impliquait le versement de fonds à l'adresse du jihad et des mujahidins13. D'autres exemples sont mentionnés dans un document publié par les mujahidins tchétchènes, document intitulé "Dix-sept façons de soutenir le jihad tchétchène", et dans un autre article diffusé sur le site Internet d'Al-Qaïda, sous le titre "Trente-neuf façons de financer le jihad". Les deux textes soulignent l'importance de l'aide financière et matérielle apportée aux mujahidins. 12. Al-Khaleej (UAE), 5 mai, 2002. Al-Qardawi a fait des déclarations similaires, dans le même esprit. 13. Extrait de www.islam-online.net du 8 octobre 2004, citant des opinions du 1er mai 2002. |
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| En mettant l'accent sur le jihad financier, le terrorisme islamique d'aujourd'hui reconnaît le fait qu'un jihad ne peut atteindre ses objectifs qu'à la condition de mettre en place un large dispositif de soutien qui l’assure du financement constant dont il a besoin pour ses activités militaires, ainsi qu'un système social complexe visant à garantir la sécurité financière des combattants palestiniens et de leurs familles (ce dont elles ont pleinement conscience). Ce qui permet la création d'un fondement social solide capable d’insuffler son idéologie dans l’esprit des combattants. Le Hamas participe de cette même idéologie, et sous la direction de l'ancien cheikh Ahmed Yassine, le mouvement a compté parmi les premières organisations terroristes islamiques palestiniennes à mettre en place un système socio-économique global de soutien au terrorisme. | |||||||||||
| Pour des raisons évidentes, face à ses interlocuteurs occidentaux, le Hamas met habituellement l'accent sur les usages humanitaires des sommes collectées en son nom, plutôt que sur les usages militaro-terroristes. A l'exception de la campagne de collecte de fonds organisée par le Hamas dans la bande de Gaza le 9 avril 2004 : pendant cette campagne, à laquelle participaient des terroristes masqués des Brigades Izzedine al-Qassam (la branche terroriste opérationnelle du Hamas), la dimension militaire a été mise en valeur et les contributions ont été présentées comme un moyen de soutenir "la résistance active" (c'est-à-dire le terrorisme) et le jihad sur les terres palestiniennes "pour la libération de la mosquée al-Aqsa, de Haïfa, de Saint-Jean d'Acre et de Jaffa [sic]."14 14. Trouvé sur le site Internet du Hamas du 9 avril 2004; voir également Agence France Presse, 9 avril 2004; Radio Al-Aqsa, 9 avril 2004; Télévision Israélienne, Chaîne 2, 10 avril 2004. |
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Vue d'ensemble des "sociétés caritatives" et autres institutions appartenant à l'infrastructure civile du Hamas dans les territoires administrés par l'AP |
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| Dans les territoires administrés par l'AP, le Hamas oeuvre comme une grande infrastructure composée d'institutions civiles (da'wah)15 concentrées autour de "sociétés caritatives" qui remplissent deux fonctions principales : 15. Da'wah , littéralement "prêche, lecture, propagande"; il s’agit en réalité d’un [système] religio-culturel d'endoctrinement [employé par divers prêcheurs et islamistes], à l'aide de tous les moyens de communication [disponibles] pour changer la culture des masses [c'est-à-dire leur vision du monde] et en faire [des fidèles musulmans croyant en leur propre interprétation de l'Islam, généralement radicale]", extrait d'Uriah Furman, Islamiyyun [en hébreu], Editions Ma'arachot, Tel Aviv, 2002, p. 322. |
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| Elles fournissent une assistance à la population locale en matière d'éducation, de prestations sociales, de santé et de services religieux, en profitant de la faiblesse et l'incapacité de l'Autorité Palestinienne, qui est en principe sensée fournir ces services. Cette action a pour but de gagner un soutien populaire, de renforcer la détermination de la population dans son affrontement violent et ininterrompu avec Israël (en particulier de la population islamiste cible d'où sont issus les partisans du Hamas) et d'asseoir le Hamas comme un centre de pouvoir susceptible à l'avenir de proposer une alternative islamique radicale à l'Autorité Palestinienne à tendance laïque. | |||||||||||
| Elles soutiennent l'infrastructure terroriste : | |||||||||||
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| L'Autorité palestinienne est parfaitement consciente du fait que certaines des institutions appartenant à cette infrastructure (mosquées, universités et organisations étudiantes) sont utilisées par le "Hamas" (et d'autres organisations terroristes) pour le recrutement d'activistes opérationnels, y compris des terroristes suicidaires. Pour cette raison, les services de renseignement de "l'Autorité" ont exercé, jusqu'à l'éclatement du conflit avec Israël et pendant ce conflit, un suivi continu, rapproché et documenté des activités d'une grande partie de ces institutions, bien que ces efforts n'aient dans la plupart des cas pas abouti à une action à leur encontre. | |||||||||||
| Avant et pendant la confrontation armée, l'AP n'a tenté qu'à trois reprises de prendre des mesures - toujours de courte durée - contre les infrastructures du Hamas : une première fois en 1996, une deuxième entre décembre 2001 et avril 2002 et une troisième fois depuis août 2003. Entre ces pics d'activité, l'AP a mis le dossier Hamas de côté, et craignant l'épreuve de force, a évité soigneusement de prendre des mesures vraiment efficaces et durables contre l'infrastructure globale du Hamas. | |||||||||||
| D'énormes ressources financières sont nécessaires pour faire fonctionner l'infrastructure civile du Hamas. Une partie de cet argent lui parvient par le truchement de fonds de charité et de fondations caritatives basés à l'étranger, notamment les organisations nommément affiliées aux Hamas qui opèrent en Europe, comme Interpal, et en Amérique du Nord. Ces organisations, qui transfèrent des fonds exclusivement destinés à un usage social, éducatif, religieux et humanitaire, soutiennent en réalité l'expansion des infrastructures civiles et terroristes opérationnelles du Hamas. Elles contribuent ainsi au renforcement du mouvement islamiste radical, qui commandite des actes terroristes anti-israéliens et se prépare à devenir une alternative à l'Autorité Palestinienne. D'après une estimation israélienne, vu les relations étroites et continuelles qu'elle entretient avec des "sociétés caritatives" dirigées par des activistes hauts placés du Hamas dans les territoires administrés par l'AP, Interpal doit être pleinement consciente des retombées à grande échelle de son action, même si les fonds transférés sont officiellement destinés à un usage exclusivement socio-humanitaire. | |||||||||||
Les sources de revenu du Hamas |
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| La majeure partie du budget du Hamas, estimé à des dizaines de millions de dollars par an, provient de divers fonds de charité et fondations caritatives islamiques répartis sur toute la planète. Ils agissent au service du Hamas, soit directement soit en passant par des intermédiaires, et soutiennent ses infrastructures opérationnelles civiles (da'wah) et terroristes dans les territoires administrés par l'AP. En théorie, les fonds sont destinés exclusivement à des buts civils (usage éducatif, religieux et humanitaire). En pratique cependant, ils servent à renflouer les infrastructures civiles, politiques et terroristes du Hamas, et soutiennent ainsi directement la large gamme d'activités terroristes conduites par le Hamas dans les territoires administrés par l’AP contre des cibles israéliennes, et à l'intérieur même d'Israël. | |||||||||||
| Il existe deux types de fonds de charité et de fondations caritatives : | |||||||||||
Les organisations nommément affiliées au Hamas , dont le but principal est de faire passer de l'argent dans les institutions du Hamas présentes dans les territoires administrés par l'AP. Ces organisations font partie intégrante du Hamas. La plupart de leurs activistes sont affiliés au Hamas, certaines d'entre elles ont été créées grâce à l’implication directe des dirigeants du mouvement, et le soutien financier qu'elles lui procurent va directement aux sociétés caritatives du Hamas dans les territoires administrés par l'AP. Elles parviennent à collecter entre 15 et 20 millions de dollars par an, une somme significative au regard de toutes les estimations. Les plus importantes d'entre elles sont Interpal (Grande-Bretagne), CBSP (France), le Fond Al-Aqsa (Allemagne, avec des filiales en Belgique, au Danemark et aux Pays-Bas)18 , et l'IRFAN (Canada). 18. Cet article ne prend pas en compte les organisations caritatives situées aux Etats-Unis, au Moyen-Orient ou dans d'autres pays. |
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| Les organisations qui soutiennent, parmi d'autres entités, l'islamisme radical dans le monde . Elles ne soutiennent pas toutes directement le Hamas, mais en sont idéologiquement proches, et font donc parvenir aux institutions du Hamas l'aide qu'elles destinent aux territoires administrés par l'AP. La plupart des fonds et fondations en question sont basés en Arabie Saoudite et dans les Etats du Golfe. | |||||||||||
À la suite des événements du 11 Septembre 2001, certains gouvernements européens ont fait des progrès dans leurs efforts visant à réduire les activités des organisations ouvertement affiliées au Hamas agissant dans leurs pays . Un de ces progrès à consisté à ajouter (le 21 août 2003) cinq de ces organisations (Interpal en Grande-Bretagne, CBSP en France, l'Association Suisse-Palestine en Suisse, [le fond] Palestine en Autriche et l'AssociationSanabil ["épis de blé"] pour le Secours et le Développement au Liban) à la liste des organisations liées au terrorisme au regard de l'Ordonnance américaine n°13224, qui prononça le gel de leurs comptes bancaires (ainsi que le gel des comptes de six membres hauts placés du Hamas). Une grande pression fut exercée sur la Grande-Bretagne, la France, l'Autriche, la Suisse et le Liban pour les pousser à prendre des mesures contre les organisations du Hamas figurant sur la liste. Un mois plus tard (en septembre 2003), l'Union Européenne annonça qu'elle ajoutait la "branche politique" du Hamas à sa propre liste d'organisations terroristes.19 19. La prétendue distinction entre la branche "politique" du Hamas et sa branche terroriste active a pour but de donner aux dirigeants du mouvement une sorte "d'immunité diplomatique". Dans les faits, cette distinction n'est souvent pas claire. Les nombreux actes de violences perpétrés dans les territoires administrés par l'AP ont montré que les dirigeants "politiques" du Hamas ou les militants éducatifs et sociaux étaient impliqués dans l’élaboration d'un programme politique de violence et apportaient leur soutien aux activités terroristes opérationnelles du mouvement, tandis que les terroristes actifs exerçaient souvent des activités politiques, éducatives et sociales. Pour illustrer cette idée d’une frontière mouvante entre les branches politique et terroriste, on se souviendra de la préparation de l'attentat suicide de l'hôtel Park de Netanya (le 27 mars 2002, soir de la Pâque juive, 29 morts), qui a provoqué l'opération Rempart, et dont on trouvera une analyse sur ce site. |
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| L'Union Européenne interdit de collecter de l'argent pour des organisations terroristes, dansquel que but que ce soit, même civil. Toutefois, cette décision n'est pas accompagnée d'une définition explicite de l'expression "branche politique", qui peut être interprétée de différentes façons : l'Allemagne l'a employée pour désigner les organisations nommément affiliées au Hamas maquillées en organisations caritatives, tandis que le Canada, la Grande-Bretagne et la France ont hésité à adopter ce point de vue. | |||||||||||
| Aujourd'hui (en mars 2005) certains fonds et fondations du Hamas en Europe sont engagés dans un processus visant à réduire l'étendue de leurs opérations . Les activités du Fonds Al-Aqsa en Allemagne ont été suspendues après que les tribunaux allemands se sont prononcés en faveur de la position du gouvernement. Les tribunaux ont imposé la cessation des activités du fonds et ont approuvé son démantèlement (le 3 décembre 2004). Les Fonds Al-Aqsa au Danemark et aux Pays-Bas ont reçu l'interdiction de transférer de l'argent aux territoires administrés par l'AP (le fonds hollandais a également été ajouté à la liste des organisations terroristes de l'Union Européenne). Toutefois, dans d'autres pays, de nombreux fonds et fondations - tels Interpal en Grande-Bretagne et CBSP en France - poursuivent leurs activités, sans aucune interruption. S'il est vrai qu'Interpal en Grande-Bretagne a vu ses activités gelées par le passé, elles ont été relancées par la suite, pour diverses raisons (voir plus bas). | |||||||||||
| Comme c'est le cas en Arabie Saoudite et dans les Etats du Golfe, l'argent était encore récemment transféré depuis les institutions caritatives locales vers les infrastructures civiles du Hamas sans que les autorités n'interfèrent d'aucune manière. Mais suite à la pression américaine de l'après 11 septembre, en particulier pendant la première moitié de l'année 2004, les autorités saoudiennes ont commencé à limiter sévèrement les transferts "caritatifs" d'argent de leur pays vers les institutions du Hamas dans les territoires administrés par l'AP. | |||||||||||
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